Le Guépard - Introduction

De nombreuses personnes ont peur des prédateurs, en particulier des grands félins, comme le lion, le guépard et le léopard. On nous apprend souvent à avoir peur des carnivores, sans comprendre leurs comportements spécifiques, leurs adaptations particulières et leur rôle essentiel dans le maintien d’écosystèmes sains.
Nos attitudes et nos idées fausses sur ces espèces ont conduit à les mettre en danger parce que de nombreuses personnes dominent leur peur en éliminant les prédateurs. Les populations des espèces en danger sont en nombre restreint et nécessitent une gestion à long terme pour pouvoir survivre. Les comportements envers les prédateurs doivent changer si nous espérons sauver des espèces en danger comme le guépard. En étudiant les raisons qui mettent en danger les espèces, nous pouvons tous apprendre l’importance cruciale d’écosystèmes sains et ce qui se produira si nous continuons à polluer l’environnement et à détruire les habitats. Par une éducation à l’environnement, nous pouvons tous travailler ensemble pour changer les attitudes et les comportements qui ont amené à mettre en danger les prédateurs et pour aider à les sauver de l’extinction. Chacun de nous peut faire la différence.
Pour reconnaître la valeur des prédateurs, nous devons en premier lieu comprendre leur rôle au sein de la vie sauvage. Parce que les prédateurs doivent tuer d’autres animaux pour survivre, de nombreux mythes se sont développés à leur sujet, tout au long des siècles et dans de nombreuses cultures. La situation dans laquelle se trouvent les guépards est le symbole même des problèmes auxquels sont confrontés de nombreux prédateurs, dans le monde entier. Les guépards sont en danger pour les raisons suivantes:
- la perte de leur habitat et la diminution de leurs proies liées au développement des cultures, commerciales ou non, et au développement des activités humaines,
- la répression par des fermiers qui les considèrent comme de la vermine ou comme des animaux nuisibles qui tuent leur bétail,
- le braconnage ou les captures illégales.
Si nous voulons conserver des populations d’animaux sauvages en bonne santé au 21ème siècle, nous devons comprendre le mode de vie des animaux et reconnaître leur importance pour notre propre survie. Les espèces sauvages contribuent à la préservation d’écosystèmes sains, nous procurent nourriture, vêtements, bénéfices économiques et améliorent notre qualité de vie de par leur simple existence.
Les humains sont eux aussi des prédateurs et des carnivores. Nous sommes en compétition avec les animaux sauvages pour les ressources naturelles. A cause de l’augmentation des populations humaines et de la sur-consommation des ressources de la terre, le monde est en train de perdre des espaces sauvages ainsi que des espèces animales, en raison de l’accroissement de la demande en nourriture, minerais, bois et autres ressources. Il y a 200 ans, il y avait moins d’un milliard d’habitants sur la planète. Aujourd’hui, plus de 6 milliards d’hommes vivent sur cette planète.
L’extinction est un phénomène naturel. Pendant des centaines de millions d’années, des plantes et des animaux ont disparu. Mais le taux d'extinction actuel est nouveau et radical. On dénombre à présent jusqu'à 40 000 espèces qui disparaissent chaque année. Ce taux d’extinction est bien plus élevé aujourd’hui qu’à n’importe quelle autre période, au cours des 65 millions d’années écoulées.
Les 5 causes principales d’extinction dues à l'activité humaine sont:
- la destruction de l’habitat pour le développement de ces activités et pour trouver du bois, des minéraux, du pétrole et d’autres ressources,
- l’introduction d’espèces exotiques dans de nouveaux habitats,
- la pollution,
- les prélèvements excessifs d’animaux et de plantes par les collectionneurs, les chasseurs et les braconniers,
- l’utilisation de produits à base d’animaux et de plantes pour des croyances religieuses.
LA SURVIE DU GUEPARD DEPEND DES ETRES HUMAINS ET DE NOTRE CAPACITE A GERER LA VIE SAUVAGE ET A PROTEGER SON HABITAT
Lorsque les êtres humains détruisent l’écosystème par la construction de bâtiments ou par le sur-pâturage des troupeaux par exemple, ils empêchent presque toutes les espèces animales de survivre à cet endroit, non seulement maintenant mais aussi dans le futur. Les animaux ne peuvent rivaliser avec les êtres humains pour leur espace. Les hommes modifient leur environnement en peu de temps ; les animaux ne peuvent pas toujours ajuster leur mode de vie à ces changements ou s’adapter aussi rapidement. Les grands prédateurs comme les guépards ont besoin de vastes espaces pour vagabonder ; ils n’ont pas l’habitude de vivre ensemble ou en grand nombre. La perte de leur habitat et un espace géographique limité (donc, un espace de vie restreint) menacent la survie des guépards.
Le taux de mortalité important (peu de guépards vivent longtemps et beaucoup n’atteignent même pas l’âge adulte) constitue une autre menace pour les guépards et les rend encore plus vulnérables, dans la compétition avec les hommes.
Le taux de mortalité des guépardeaux est élevé et peut atteindre 90% dans leur milieu naturel. Le taux de mortalité des adultes est également très élevé à cause de la tuerie aveugle par des fermiers. En conséquence, les populations de guépards ont du mal à se reconstituer lorsque leur nombre diminue.
Aider les espèces de prédateurs à survivre en dépit de la compétition avec les humains est l’un des aspects de la préservation de la vie sauvage. La réduction de leur habitat et de leurs proies, la compétition avec les grands prédateurs, les intérêts agricoles et le braconnage font payer un lourd tribu aux populations de guépards sauvages, dans toute l’Afrique.
Aujourd’hui, il reste environ 10 000 guépards en Afrique et en Asie. Ces guépards vivent en grande majorité en petits groupes isolés, en dehors des réserves d’animaux protégées. Ils sont donc souvent en conflit avec les humains et les troupeaux, et la plupart des populations continue à décroître. La plus importante population de guépards sauvages se trouve en Namibie. Dans les années 80, leur nombre avait chuté de moitié, et était inférieur à 2 500. Un manque de diversité génétique, des anomalies de reproduction, une mortalité élevée chez les jeunes et une grande fragilité face aux maladies augmentent le risque d’extinction de l’espèce. La diversité génétique permet en effet aux espèces de mieux s’adapter aux changements de leur environnement et de leur écologie, et de résister aux maladies.
On trouvait autrefois des guépards dans toute l’Afrique, mais à présent, ils constituent une espèce en danger, et ce dans la plupart de leurs anciens territoires. Les guépards ne sont pas une menace pour la vie de l’homme. Les gens continuent de tuer les guépards parce qu’ils croient que ceux-ci tuent le bétail ainsi que les autres animaux domestiques, causant ainsi des pertes économiques excessives. En réalité, la perte de bétail est exagérée. Elle est généralement le fait d’un nombre limité de félins sauvages qui s’attaquent aux troupeaux, (animaux "de conflit"), et la conséquence de pratiques d'élevage inappropriées. En dépit de ces problèmes, les guépards ont une chance bien réelle de survie sur les vastes fermes de l’Afrique australe.
Les hommes partagent la terre avec pratiquement 33 millions de formes de vie, animales, végétales et autres. La diversité de vie sur notre planète est stupéfiante. Toutes les espèces - plantes, mammifères, insectes et invertébrés - dépendent les unes des autres. Les êtres humains dépendent d’un grand nombre de plantes et animaux pour leur alimentation et leurs médicaments. Le guépard représente l’une des 33 millions d’espèces vivant sur la terre. S’il y a extinction des guépards dans le monde, est-ce vraiment important ? Il est tentant de penser que la disparition d’une seule espèce ne nous affectera pas. Mais nous devons nous souvenir que toutes les espèces sont interdépendantes et découvrir l’importance du guépard dans son écosystème. Lorsque nous perdons ne serait-ce qu’une seule espèce, notre monde devient un lieu de vie plus pauvre. Le guépard mérite une place sur cette terre. Ce félin a été vénéré par les hommes depuis près de 5 000 ans. S’il est perdu pour les futures générations, il laissera un grand vide non seulement dans la nature mais aussi dans la conscience humaine, qui ressent si naturellement et connaît le caractère unique de cette créature. La Namibie, avec ses écosystèmes variés, sa biodiversité, représente le plus grand espoir pour l’avenir du guépard.
L'EDUCATION EST LA CLE DU SUCCES
L’éducation de la jeunesse et la compréhension sont primordiales pour aider ce brillant chasseur d’Afrique à gagner sa course pour la survie. Le succès final du programme d’éducation du « Cheetah Conservation Fund » (CCF) dépend de chacun de nous, mais en particulier de ceux d'entre vous qui sont enseignants et étudiants. En apportant votre soutien à notre travail, vous prenez part à un effort international pour sauver cette espèce en danger. Ensemble, nous pouvons travailler à la préservation de la riche diversité biologique de notre monde. En participant à l’éducation sur l’environnement, vous devenez quelqu’un qui attache une importance à la terre, à la vie sauvage et à l’avenir dont hériteront vos étudiants. Nous proposons un « Guide de Ressources pour les Enseignants » et des « Guides d’Activités pour les Etudiants », créés par le CCF, et qu’il est possible de télécharger à partir de la page « Education » de notre Site Internet. Ces Guides contiennent des chapitres sur les sciences de la vie, les études sociales, l’Anglais, les mathématiques, l’éducation physique et les arts. Nous espérons qu’ils vous aideront à motiver les étudiants afin qu’ils développent leur sens critique au sujet des efforts individuels et communs à mettre en oeuvre pour préserver la vie sauvage et pour agir de manière constructive, dans le but d’améliorer notre environnement.
Notes sur l’évolution des populations namibiennes de guépards de 1980 à 1990 : la Namibie a connu un déclin considérable de la population de guépards dans les années 80 où la population a diminué de moitié en 10 ans, avec une population estimée à moins de 2 500 guépards au début des années 90, quand le CCF a commencé son travail avec la communauté des fermiers. Depuis cette période, on a constaté un changement progressif en Namibie et depuis deux ans, la population des guépards est stabilisée. Les recherches du CCF ont montré que les fermiers sont plus tolérants aujourd'hui envers les guépards et qu'ils en tuent moins. Ils les tuent lorsqu’ils sont impliqués dans des pertes de bétail. Mais, souvent, ils font appel au CCF pour les aider à protéger leur bétail, plutôt que de tuer les guépards.
Copyright 2002, 2010 par Cheetah Conservation Fund (CCF) : http://www.cheetah.org/
Traduction par AMIFELINS de la page « Introduction to the Cheetah » : http://www.cheetah.org/?nd=intro_to_the_cheetah
